Janvier - avril 2010

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A l’heure où nous rédigeons ces lignes, l’année 2009 et, avec elle, l’opération Hospitalités s’achèvent. Chaque samedi, du 26 septembre au 12 décembre 2009, vous avez été nombreux à participer aux parcours d’art contemporain proposés par tous les lieux du réseau tram en région Ile-de-France. A raison de deux ou trois sites par samedi, cette programmation fédératrice a permis de découvrir nombre d’expositions et d’assister à une grande diversité d’événements : projections, performances, parcours urbains, séances d’écoute, atelier de dessin, interventions chorégraphiques, dialogues ouverts et passionnants avec les artistes et les responsables de lieux. La convivialité et la générosité qui sont la marque de cet événement étaient au rendez-vous, tram s’attachant à faire vivre son engagement en faveur de l’art contemporain et de sa diffusion auprès du plus grand nombre. Par ailleurs, en cohérence avec ce qui fonde l’identité du réseau tram, nous poursuivrons cette année notre réflexion sur « Art contemporain et territoires » en organisant une nouvelle journée professionnelle articulant la question de l’art contemporain à celle des territoires perçus en termes de centre et de périphérie. L’idée que la mise en oeuvre d’une politique artistique ou culturelle soit le reflet ou l’effet d’un découpage relevant d’un centre et d’une périphérie est aujourd’hui fortement réactualisée par le débat engagé autour du sujet du Grand Paris. L’analyse de ce schéma de représentation d’un territoire donné appelle également à une réflexion élargie sur la question de la décentralisation et sur le contexte actuel de la mondialisation. Enfin cet éditorial est aussi l’occasion de rendre hommage à l’action d’Yvane Chapuis qui, fin 2009, a quitté la codirection des Laboratoires d’Aubervilliers et la coprésidence de tram. Nous la remercions vivement pour sa contribution essentielle à ces deux projets, nous saluons son engagement et sa force de travail au service de la création et du public. Bonne année 2010 à tous et à bientôt dans les lieux du réseau tram.

Caroline Coll et Lionel Balouin
Coprésidents

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Septembre - Décembre 2009

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L’automne de tram est marqué par la troisième édition d’Hospitalités. La manifestation se déploie cette année du 26 septembre au 12 décembre proposant au public chaque samedi un parcours conçu par deux ou trois lieux du réseau. Il s’agira ainsi chaque semaine de parcourir l’Ile-de-France au rythme de programmations concertées d’expositions, performances, rencontres avec des artistes, conférences, projections, séances d’écoute, pour être au plus près de pratiques artistiques qui visent le décloisonnement géographique et culturel. Des pratiques non pas d’abolition, mais plus sûrement de transgression des frontières physiques ou symboliques trop souvent considérées comme fondements de nos sociétés.

Hospitalités 2009 reste attachée à son ambition initiale : refléter les engagements des lieux d’art contemporain envers les artistes, les œuvres et le public. Il s’agit de donner à voir l’art en train de se faire et de nous interroger avec les artistes sur le monde auquel nous appartenons, d’ouvrir des portes pour échanger des points de vue et développer une compréhension de l’autre. L’art tel que nous l’entendons est hospitalités ; il se détourne du ciment des identités pour bâtir des espaces de liberté, construire des temps d’expérience, ouverts et aléatoires.

Davantage tournée vers les professionnels mais susceptible de concerner un public élargi, la journée de réflexion annuelle du réseau tram se tiendra de nouveau cette année à l’Institut National d’Histoire de l’Art à Paris le 14 décembre. Nous poursuivrons la réflexion engagée en 2008 sur les relations entre art contemporain et territoires en nous concentrant cette année sur l’articulation centre / périphéries, à l’échelle de notre région bien sûr mais en abordant également les questions de la décentralisation et de la mondialisation. Artistes, universitaires, élus et responsables de projets se réuniront pour en débattre dans une perspective à la fois historique et politique.

Caroline Coll-Seror et Yvane Chapuis,
Coprésidentes

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Mai - Août 2009

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Pour cet éditorial, une fois n’est pas coutume, nous nous proposons de citer deux auteurs, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseaux qui, en septembre 2007, publiaient aux éditions Galaade, Institut du Tout-Monde, un opuscule intitulé Quand les murs tombent. L’identité nationale hors-la-loi ? Un an et demi plus tard, sur fond de crise et de protestations et alors qu’une majorité d’habitants de notre pays sont affectés dans leur quotidien par l’évolution de l’économie et du marché de l’emploi, il nous paraît salutaire de nous référer à une pensée qui, dans un contexte tendu, resitue avec pertinence le rôle et la nécessité de l’art et de la culture.

Les principes et les activités qui fondent et justifient l’existence de tram : création des œuvres, libre circulation des artistes, facilitation des rencontres entre œuvres et publics, vie d’un réseau dont la définition même est de n’avoir ni centre, ni périphérie, s’enracinent dans une pensée qui prône « l’avènement de la mondialité (qui n’est pas le marché-monde) » et précise : « Les arts, les littératures, les musiques et les chants fraternisent par des voies d’imaginaires qui ne connaissent plus rien aux seules géographies nationales ou aux langues orgueilleuses dans leur à-part. Dans la mondialité (qui est là tout autant que nous avons à la fonder), nous n’appartenons pas en exclusivité à des « patries », à des « nations », et pas du tout à des « territoires », mais désormais à des « lieux », des intempéries linguistiques, des dieux libres qui ne réclament peut-être pas d’être adorés, des terres natales que nous aurons décidées, des langues que nous aurons désirées, ces géographies tissées de matières et de visions que nous aurons forgées. »

Diversité complexe d’une identité qui est avant tout relationnelle et se joue entre trois termes : l’œuvre, le lieu, le spectateur ; multiplicité, voire, effervescence des imaginaires, expérimentation de géographies électives ; au-delà du simple programme que nous avons le plaisir de mettre à votre disposition, c’est tout cela qui se joue dans la programmation et la mise en réseau des 29 lieux d’art contemporain de tram.

Caroline Coll-Seror et Yvane Chapuis, Coprésidentes

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